28/11/2004

affiche

Une affiche collée sur un mur de planches, derrière  lequel se trouve un chantier de démolition. Le visage d’une femme, estropié, dont il ne reste qu’une bouche, une partie de nez, et des cheveux blonds qui entourent le morceau de visage. Une bouche ouverte, découvrant des dents d’une blancheur digne d’une publicité pour Colgate, avec une micro, tenu très près de sa bouche, comme  si elle allait l’avaler, qu’une main tient avec beaucoup de crispation ; un large décolleté apparaît en bas de l’image, assez pour qu’on soit charmé, pas assez pour qu’il soit vulgaire. Chanteuse d’opéra peut-être, ou musique glamour, ou rock, ou star quelconque de TF1… On ne sait pas de quoi il s’agit, ne reste qu’un numéro de téléphone pour les réservations, et divers sponsors apparaissant au niveau du fameux décolleté.

Il se met à pleuvoir. L’affiche, déjà bien entamée, commence à fondre. Les belles dents deviennent grises, le décolleté s’effondre, la bouche descend, devenant une grimace hideuse, le nez se rallonge.  Peu à peu toute l’affiche se décolle, et tombe dans une flaque où se reflète la grue du chantier, et des nuages gris, presque noirs. Il n’en reste qu’un amas de petits morceaux déchiquetés de papier imprimé. On perçoit encore l’esquisse d’une lèvre, et de dents. Peu à peu, l’encre se détache. N’en subsiste qu’une masse indistincte et visqueuse de couleur grise sale. Une homme marche dedans. Il ne sait pas qu’il vient d’écraser le décolleté qu’il préfère …

22:03 Écrit par tiens-c-est-qui- | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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