28/11/2004

Edouard

        La cloche sonne. Edouard range son stylo, puis son effaceur, puis ses lunettes, qu’il nettoie consciencieusement avant de les placer dans leur boîte. Il déchire sa feuille de cours de son bloc, et la range dans son classeur. Il se lève, met son écharpe, puis sa veste, et ses gants. Ils sont déjà tous sorti de la classe. Sauf le professeur, qui doit fermer le local. « Allons, allons, mais dépêche toi un peu ! C’est toujours toi le dernier ! ». Pourquoi s’énerver comme ça ? Il ferme la tirette de sa veste, met son énorme cartable sur le dos, et sors de la classe. Le regard baissé. Il n’ose regarder ce qui l’attend ; la solitude, l’ennui, et surtout l’indifférence, bien pire que les moqueries des autres élèves, seul moment où ceux-ci lui accordent de l’attention…

         Le couloir, rempli il y a 3 minutes, est déjà désert, ils sont tous à la cantine. La cantine : faire la file, demander un thon crudité sans tomates, prendre un soda dans le distributeur, et le pire : trouver une place. Non, aujourd’hui Edouard n’ira pas. Plus jamais d’ailleurs. Non, Edouard va sortir dans la cour, jeter son cartable, courir, et sauter au dessus de la grille de l’école.     

         Il traverse la cour d’un pas ferme. Il se sent léger comme un nuage…

« Eh, là bas ! Votre carte de sortie s’il vous plaît ! ». Edouard se retourne, les yeux baissés. Il grommelle de faibles mots. Son cartable se fait si lourd…

         Il revient sur ses pas, rougissant, courbé. Peut-être qu’il n’y aura plus de sandwich thon crudité à la cantine… Que fera-t-il alors.


22:05 Écrit par tiens-c-est-qui- | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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