29/12/2004

alcool

Il y avait trop de bruit, trop de rire, je suis partie sans dire au revoir. Ils ne m’en voudront pas, ils n’ont pas remarqué que j’étais là, je parie.

« Salut, tu t’en vas déjà ? »

Oui, je voudrais bien qu’on me dise ça. Mais qui a dit ça ? Il n’y a personne. Vraiment personne. Ai-je bu tellement que ça ? Il est temps de rentrer. Comment rentrer. Jean-Louis devait me reconduire… Non, il s’amusait bien à cette fête, lui. Enfin non, il n’était pas là. Il n’y a plus qu’à marcher. Je n’avais jamais remarqué qu’il y avait des arbres sur cette rue. Ni que les avions passaient si bas. Mais non, ce n’est pas chez moi ici . C’est étrange. J’en ai marre de marcher. Je me sens fatiguée.

Enfin, je suis arrivée. Ou sont mes clés ? Tiens, c’est déjà ouvert !

« Eh salut Virginie, t’en as mis du temps pour arriver ! »

« Mais… je pensais être chez moi en fait… »

Ca le fait rire.

« Je crois que tu t’es trompée ! »

 Il rit toujours.

« Je suis déjà passée tantôt, non ? »

« Hein ? Non, je ne t’ai pas vue. Tiens, tu sens l’alcool toi, ce n’est pas dans tes habitudes ! »

Au fait, qui c’est ce type ? je ne sais plus. Un verre c’était peut-être trop. Ou deux, je ne sais plus.

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28/12/2004

le chien

Recroquevillé sous le porche de l’ancienne charcuterie, le regard suppliant, le poil mouillé, le chien attend. Son pelage est sombre comme le ciel. Pourquoi ne lui ouvre-t-on pas la porte ? Le chien reste là, ils finiront bien par descendre lui ouvrir. Il tremble de tout son petit corps. Le chien dresse la tête : c’est quoi cette odeur ? C’est une odeur qui fait aboyer, il faut aboyer ! Une fenêtre s’ouvre en face

 - La ferme sale clebs ! On veut dormir nous ! .

Non impossible d’arrêter d’aboyer, c’est impossible !

- Calmes-toi André, il va s’arrêter, allez, viens dormir. 

- Le papy charcutier, il va m’entendre, je t’assure. 

Le chien s’en fout, il continue d’aboyer, cette odeur est tellement insupportable.

            C’est le matin. Le chien ne comprend pas, ils sont tous là : la voisine qui sent le chat, le petit garçon qui pince, le monsieur qui donne des os à grignoter, celui qui criait hier soir. Ils ne sont pas comme d’habitude ; ils sentent très mauvais. Pas la même odeur qu’hier soir, non, c’est l’odeur humide et contagieuse de la peur.

-Il a aboyé toute la nuit à ce qu’il paraît ?

-Qu’est-ce qu’on va faire du chien ? Tu crois qu’il va supporter ?Depuis le temps qu’il était avec le vieux !

-A ce qu’il paraît les chiens sentent la mort !

-Sornettes ! Les chiens c’est trop bête. Tiens, regarde-le, il attend toujours devant la porte que son maître vienne lui ouvrir. Dis pas de bêtises !



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08/12/2004

suicide

Ce jour-là, elle n’était pas descendue quand le repas était prêt. Plusieurs fois nous l’avons appelée, elle n’est toujours pas descendue. Sans doute écoutait-elle de la musique, ou finissait-elle un devoir, ou jouait-elle à l’ordinateur ou dormait-elle… Si nous avions su. Sa chaise demeurait vide, son assiette pleine, ses couverts propres. Papa disait en riant que sa musique de malade avait fini par la rendre sourde, et qu’elle n’avait donc pu entendre nos appels. Maman a dit en riant aussi, que c’était parce qu’elle téléphonait à un nouveau petit copain. J’avais fini mon repas, alors mon père me demanda ,un sourire en coin, d’aller écouter à sa porte. J’ai déposé ma serviette, ramené mon assiette et mes couverts à la cuisine, et j’ai monté les escaliers en silence. Je colle d’abord mon oreille à la porte…Rien. « Alors ? » entendis-je venant d’en bas. « Alors rien. ». J’ai ouvert la porte. Il faisait noir. Elle dormait dans son lit sûrement. . Et là j’ai trébuché sur quelque chose, et je me suis retrouvée par terre. J’ouvre les yeux, je vois une lame de rasoir.En bas mes parents crient « Qu’est-ce qu’il se passe ? » .Je n’ai rien su répondre.

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