30/01/2005

Pierrette

Le soleil est au rendez-vous... Lui n'est pas là. Je lui avais dit 16h00, il est17h30. Que se passe-t-il? Est-ce ce que je lui ai dit hier? Quelqu'un s'assoit à côté de moi, à la place où il aurait du être. Je ne veux pas le regarder. Cet homme n’aurait pas du s’asseoir là. Ca aurait du être Jean-Pierre.

-Excusez-moi ? Quelle heure est-il ?

-17h35, monsieur.

J’ai été gentille de lui répondre.

            -Elle n’arrivera plus. Je désespère.

            -…

Il repart. Je l’observe attentivement… Au fond, il lui ressemble… Cette démarche un peu molle, cette façon de se tenir, légèrement courbé, ces cheveux bouclés. Mais oui, pas de doute, c’est bien lui.

            -Jean-Pierre, reviens ! C’est moi !

Il n’entend rien, il continue de marcher calmement, je le rattrape.

            -Jean-Pierre !

Il se retourne. Il me lance un regard méfiant.

            -Que se passe-t-il madame ? Vous devez me confondre.

            -Arrête, c’est pas drôle Jean-Pierre !

            -Mais lâchez-moi !

Il repart, sans moi. Je vais lui téléphoner sur son portable, je verrai bien si c’était lui… Pas de Jean-Pierre dans mon répertoire… Ni nulle part. Tant pis. Je resterai assise sur ce banc jusqu’à ce qu’il vienne. Car il viendra. C’est sûr. Cette mauvaise blague, il n’a pas intérêt à me la refaire. Est-ce une manière de m’annoncer qu’il veut me quitter ?

            -Elle est où Pierrette ?

            -Oh, comme d’habitude, sur son banc.

            -Il faut la faire rentrer au centre, il va bientôt pleuvoir.

            -Ok, je vais la chercher. Regarde-la ; encore en train de délirer sur son ex-mari. Tantôt elle m’a poursuivi en criant « Jean-Pierre » !

            -Oui, pauvre vieille femme. Tiens, ses médicaments. Tu pourras les lui donner vers 17h30.

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16/01/2005

Boîte à tartine verte à fleur


Tu avais des vêtements démodés et maintes fois raccommodés. Tu avais chaque jour un cartable énorme sur le dos, remplis de tous tes cahiers et de toutes tes bandes dessinées, que tu lisais sur le temps de midi. Tu avais aussi une boîte à tartine verte avec des fleurs dessus, tout le monde se moquait de toi au réfectoire. Toi tu continuais à manger dans ta boîte à tartine verte à fleur comme si de rien était, jusqu’à la rhéto. L’as-tu toujours cette boîte ? Je parie que tu vas encore tous les jours à l’unif avec. A midi tu t’installes à une table dans un coin de la cafétéria, tu ouvres ta boîte à tartine, et tu manges tes tartines au jambon fromage en lisant une BD. Puis tu bois ton verre d’eau et tu t’en vas. Fais-tu toujours ainsi ? J’ai presque envie de te suivre pour savoir. Nous étions dans la même année pendant toutes nos secondaires, et maintenant nous prenons le même bus tous les matins, m’as-tu seulement remarquée ? Je ne me rappelle pas avoir croisé ton regard une seule fois. Tu ne vas t’apercevoir de rien si je te suis… Aujourd’hui je descends au même arrêt que toi. Je vais aux mêmes cours que toi. A midi je mange à la même table que toi. J’ai besoin de savoir… Ta boîte à tartine verte à fleurs….

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